Baumeister collectionneur

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L'un des points forts de la collection est le fond d'objets océaniens qui proviennent de la région Sepik de Nouvelle-Guinée. En font notamment partie un lourd bouclier de combat de 1,4 m de hauteur et un bouclier de cérémonie, ou de danse, à peine plus modeste.

Baumeister possédait quelques œuvres d'art amérindien de l'époque précolombienne, d'Amérique centrale et du Pérou d'avant la conquête. Beaucoup d'objets proviennent d'une phase précédant encore l'empire inca. Dans la mimique même de certaines figures, la stylisation jusqu'au simple signe est tellement marquée que l'on comprend l'intérêt que leur porta Baumeister. De plus, il collectionna aussi les textiles incas.

La sagesse de l'Orient, la philosophie asiatique ainsi que l'art de l'Extrême Orient attirent l'artiste. Sa collection comprend 46 objets d'origine asiatique, dont également une petite collection de gravures sur bois chinoises et japonaises. L'objet le plus important parmi eux était à ses yeux un rouleau de papier calligraphié à l'encre datant du XIXe siècle et portant le signe shou (pour longue vie ), que lui avait offert le Dr. Kurt Herberts en 1941.

Baumeister aimait aussi l'art de l'Égypte ancienne. Il le rangeait, selon son expression, parmi la peinture immédiate construite à partir de formes élémentaires en tant qu' éléments d'expression. On trouve quelques ushebtis en bois dans sa collection, ainsi que deux Osiris en bronze.

Baumeister retient aussi un petit carton de momie qui le fascine par la représentation non perspective caractéristique de l'art égyptien : la tête de profil, l'œil de face, les épaules de face et les fesses de côté... (Baumeister, 1947)

Bameister était particulièrement attaché à l'Orient ancien. Les pièces de sa collection avaient pour lui une grande valeur, et son intérêt pour cet univers culturel est extrêmement vif en particulier dans les années 1930, quand il lit avec enthousiasme les récits de l'archéologue Leonard Woolley, comme par exemple Un royaume oublié. Le motif des harpes de certaines de ses œuvres vers 1945 s'appuie également sur les joueurs de lyre d'Ur.

Baumeister s'est aussi beaucoup intéressé aux petites sculptures de l'espace méditerranéen de la première Antiquité ainsi qu'aux petits ushebtis égyptiens. Il y a aussi dans sa collection des fossiles, des vases préhistoriques, des silex. Alors que Baumeister est professeur à l'École municipale des arts appliqués de Francfort, il saisit l'opportunité d'écouter les conférences de l'historien suisse de la culture Hans Mühlestein. Ce dernier tient des séminaires sur la préhistoire ou la protohistoire de l'humanité et admire l'art de Baumeister.

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Il est difficile de définir de quand date l'intérêt de Baumeister pour l'art non européen. Quoi qu'il en soit, il est probable qu'il a découvert l'art africain au moment où, à Paris, en 1924, il fait la connaissance de ses collègues artistes français, Le Corbusier, Amédée Ozenfant et Fernand Léger. Les revues françaises telles que les Cahiers d'art et Documents reproduisaient régulièrement de l'art africain.

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La collection qu'a réunie Willi Baumeister comporte 250 objets d'art primitif et originaires de cultures non européennes. Cette collection est étonnante par son ampleur en ce qui concerne les cultures et les périodes auxquelles se rattachent les pièces, mais aussi quant à la diversité de fonction et d'exécution des figures, masques et autres objets.